Suite aux événements du week-end passé à Montréal-Nord, il était pertinent de parler de ce cd sorti en avril dernier qui éclaire et transcende un peu la situation. Grands musiciens, habitués des Grammys,
The Roots sort un huitième album, le jour même de l'anniversaire de la mort de Rodney King, battu à mort par des policiers, ce qui avait mis le feu aux poudres et fait des émeutes meurtrières à (East) Los Angeles. En remplaçant le Fender Rhodes par des synthétiseurs, et en s'inspirant de l'atmosphère sonore du film
Blade Runner, le groupe fait un hip-hop stylisé et sert une oeuvre sombre, sur le thème de la violence urbaine et la perception des médias envers les afro-américains. Le titre serait tiré d'un livre de
William T. Vollmann :
Rising Up and Rising Down: Some Thoughts on violence, freedom and urgent means. Un livre que les élus et hauts-fonctionnaires d'ici pourraient lire.
Le réalisateur
?uestlove dit de cet album qu'il est "le plus incendiaire et le plus politique de leur carrière." Dans la suite de l'entrevue, il explique : " Ajoutez la hausse du décrochage scolaire et de la criminalité à Philadelphie, plus le fait pour nous d'être dans la mi-trentaine et de travailler 300 nuits par années, et en plus, que ce soit l'année présidentielle... oui, c'est tout ça l'album."
L'album se termine sur la pièce positive : Rising Up. Comme quelques pièces du Top100™ avant elle (Hot In Herre de Nelly, Crazy In Love de Beyoncé et 1 Thing de Amerie), elle rend hommage au style go-go*, musique funk de Washington D.C. qui a eu ses heures de gloire dans les clubs de danse de la capitale dans les années '70, '80 et '90.
espace de The Roots
label : Def Jam
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espace de Imposs
entrevue de Nathalie Petrowski
montréal-nord 2000 en musique : Kasheem feat. Blondy - En direct de MTL*******

* GO-GO (ne pas confondre avec la mode et la danse à go-go issue du rock'n'roll, du jazz et du swing qui a eu cours dans les années '60).
Le beat go-go exploité et popularisé par le chanteur et guitariste
Chuck Brown, est caractérisé par une vitesse steady (95 à 110bpm) et par un rythme syncopé et au pointage bien défini qui consiste en une série de croche et de double croche (croche, double croche, croche, (silence), croche, double croche, croche). Le tout est appuyé solidement par un kick et un snare, et ornementé par des percussions, notamment le conga, les timbales cubaines, et la cloche à vache manuelle. Un fort swing est présent ou non. Comme les Djs, les musiciens jouaient en mixant leur pièces pour que la danse ne s'arrête pas, créant une ambiance survoltée. Vers la fin des années '80, et encore aujourd'hui, les clubs ne pouvaient plus diffuser ou s'afficher go-go, à cause de la violence qui y avait lieu.
Pour votre curiosité, et vos jambes, je vous en donne ici un bon aperçu. Le tout est mixé pour respecter la tradition go-go. Vous reconnaîtrez sûrement des breaks. N'ayez pas peur de payzer play, et ne vous soumettez pas à la tentation de tout saccager.